Morsure #6

© Jaga Jankowska Cappigny

Déplacement

Du 10 octobre au 31 décembre 2026

Toute la journée

Exposition Tout public
Gratuit

Chaque année, l’Archipel présente le regard d’un·e artiste sur l’estampe contemporaine. La sélection de cette sixième édition, opérée par la commissaire d’exposition Jaga Jankowska Cappigny, réunit douze artistes étranger·e·s ou d’origine étrangère vivant en France : Asareh Akasheh, Ali Arkady, Victoria Arney, Cassandre Boucher, Wernher Bouwens, Baptiste Caccia, Maggie Cardelús, Anna Ładecka, Flora Nguyen, Léa Rivera Hadjes, Suo Yuan Wang et Misha Zavalny.

Avec leurs intentions, leurs esthétiques et leurs techniques* propres, chaque artiste fait dialoguer sa culture d’origine et sa culture d’adoption. Cette édition de Morsure observe la façon dont le déplacement ou l’exil peut agir sur le processus créatif et sur le propos d’un artiste.

* lithographie, monotype, alugraphie, photogravure, sérigraphie, eau-forte, xylogravure…

Asareh Akasheh

Self-Head Impressions

Impression corporelle et collage sur papier fait maison

Asareh Akasheh est une artiste visuelle travaillant entre Téhéran (Iran) et Paris.

Pour sa série Self-Head Impressions, elle associe fabrication de papier, gravure et moulage sur papier. Ce travail entrepris en 2024 s’intéresse au corps. Grâce à l’impression et au collage, Asareh Akasheh déconstruit et reconstruit le corps humain, notamment le visage, à partir de fragments. La peau fait office de plaque d’impression. Son contact direct avec le papier produit des empreintes uniques et aléatoires qui répondent aux textures et densités du papier lequel, pour l’artiste, n’est pas qu’un simple matériau mais un volume incorporé, une part essentielle de son art profondément sensoriel.

Dans cet ensemble d’œuvres, le portrait ne fait pas office de marqueur figé de la présence. Il devient un assemblage de moments fragmentés, des traces de contact entre la peau et le papier conservées comme des souvenirs tactiles.

Ali Arkady

Monolithographie

Ali Arkady est un artiste visuel, photographe et réalisateur. Les travaux qu’il présente au sein de Morsure #6 explorent ses souvenirs d’enfant puis de jeune adulte dans son pays natal déchiré par la guerre : l’Irak.

Il utilise notamment des techniques d’impression : la lithographie (l’impression d’un dessin réalisé sur une pierre) et sa méthode personnelle, la « monolithographie », qui consiste à transférer ses photographies sur des pierre lithographiques. En choisissant ce support intemporel, Ali Arkady interroge la mémoire, le temps et la pérennité face à l’instantanéité du numérique. Toutefois l’archive (des conflits, des déplacements, de famille) n’est pas envisagée comme une mémoire figée. Sur ses « livres-pierre » et installations de pierres calcaires brisées et imprimées, la mémoire est pensée comme un corps, malléable, vulnérable, transformable. En réunissant la pierre, premier support des images humaines, et la photographie contemporaine, Ali Arkady crée un langage visuel singulier, à la fois intime et universel.

Victoria Arney

Gravure sur bois

Victoria Arney, artiste née en Angleterre et installée en France, travaille entourée par la nature, attentive aux animaux qui y vivent. Ses créations sont autant de témoignages de rencontres avec le vivant, avec la faune locale.

Au fil des années, l’artiste a constitué une bibliothèque sonore d’enregistrements de chants d’oiseaux mais aussi d’estampes (gravure sur bois) inspirées par ces sons. Elle les intègre au sein d’installations, de films, de partitions visuelles et de dessins. Les trois œuvres qu’elle présente au sein de Morsure #6 sont des travaux monumentaux. Au son des pépiements des rossignols et des alouettes répondent des sonogrammes (représentations visuelles du son) de ces chants imprimés sur des rouleaux de papier kozo ou sur des papiers de riz. Fragiles et légèrement transparentes, les œuvres, à l’instar des oiseaux qu’elles célèbrent, bruissent au-dessus de nos têtes avec le souffle du vent.

Cassandre Boucher

Photogravure et sérigraphie sur tissu

L’artiste Cassandre Boucher, née au Québec, s’intéresse aux relations qui unissent l’être humain à son environnement. Animée par un intérêt pour l’écologie et les savoir-faire manuels, elle utilise le textile, l’estampe (sérigraphie, gravure) et l’installation pour aborder la représentation de milieux naturels.

Elle présente ici une sérigraphie sur tissu et un ensemble de sept photogravures. Pour son travail sur textile, Cassandre Boucher compose à partir de surplus industriels et de rebuts pour créer des supports uniques où l’image imprimée sur tissu dialogue étroitement avec la matière. Pour sa série de photogravures, l’artiste a réalisé des photographies au sein de la nature. Les images, imprimées sur des papiers translucides puis froissées, déchirées et entremêlées, font écho à une nature fragile mais active, lieu d’interactions, de mémoire et de potentialités.

Wernher Bouwens

Strong electric field

Gravure sur bois et monotype

Wernher Bouwens est un artiste né aux Pays-Bas. Fasciné par la perception des couleurs et par l’expérience visuelle, il développe une pratique qui se déploie dans l’édition, le dessin, la peinture et dans des installations monumentales. Ses travaux explorent la relation entre couleur et volume, ils étudient les transparences, les trames, les superpositions, le mouvement ou encore les vibrations.

La série Strong electric field (2022) dont il présente ici quelques estampes, est née de sa fascination pour les sciences et les phénomènes naturels. Dans un milieu favorable, l’électricité se déplace en libérant des quantités d’énergie phénoménales. Ce qui l’intrigue dans ce processus est que, malgré sa puissance, elle emprunte toujours le chemin de moindre résistance, même si celui-ci est plus long. En suivant un principe similaire, il a d’abord créé des trames géométriques (milieu favorable), avant d’y introduire un mouvement coloré plus intense à travers les zones les moins attractives, tout en préservant les parties les plus intéressantes. L’image devient un champ de tensions entre structure et circulation.

Baptiste Caccia

Sérigraphie et peinture

Baptiste Caccia développe une pratique picturale à la croisée de la peinture et de la sérigraphie. Son travail s’inscrit dans un dialogue constant entre reproduction mécanique et geste, entre la rigueur de la machine et la fragilité de l’intervention manuelle. Une nécessité traverse son geste artistique : introduire une forme de vie discrète, presque souterraine. Par un usage volontairement instable de la sérigraphie — débordements, décalages, accidents — il déjoue la précision du procédé pour laisser émerger des images vacillantes, traversées d’écarts et de tensions. Son œuvre puise dans un vaste répertoire visuel mêlant images intimes et collectives : photographies personnelles, références à l’histoire de l’art, images issues d’Internet ou générées par intelligence artificielle. Par superpositions successives, ces fragments hétérogènes composent des surfaces proches du palimpseste, où subsistent les traces d’images antérieures. À travers ces processus, Baptiste Caccia interroge les mécanismes du regard et les circulations invisibles des images qui façonnent nos perceptions. L’intime et le politique s’y entremêlent, faisant coexister catastrophes et scènes ordinaires, mélancolie et humour, mythologies personnelles et imageries collectives.

Maggie Cardelús

Pressure Points

Techniques mixtes

Maggie Cardelús est une artiste américano-espagnole basée à Paris dont le travail englobe des pièces murales, sculptures, installations, performances et vidéos. Sa pratique est ancrée dans l’artisanat et l’exploration des approches théoriques de la création liées à la photographie et l’estampe. Ses travaux récents se situent à la rencontre de la broderie et de l’estampe, la menant vers son projet plurimédia en cours, Driftpoints, qui comprend la série Pressure Points exposée ici.

Maggie Cardelús travaille avec des matériaux détournés de leurs fonctions d’origine : toile destinée à être brodée, mesh destiné à soutenir un tapis, papier photographique destiné à montrer une image. Presque tous sont des grilles, des structures préexistantes qu’elle soumet à l’acrylique liquide, au papier carbone et au rouleau d’une presse d’imprimerie, leur refusant leur logique. L’image est le relevé de ce que la rencontre a réellement produit, non de ce qui était prévu. Son instabilité est structurelle. Matrice et empreinte sont montrées ensemble comme deux moments égaux d’un même événement.

Anna Ładecka

Sérigraphie, lithographie et linogravure

Née à Varsovie (Pologne) et installée à Paris, la peintre et illustratrice Anna Ładecka explore depuis quelques années toutes les possibilités de la sérigraphie, technique dont elle a acquis une solide maîtrise.

Les œuvres qu’elle présente ici évoquent des paysages, souvent de montagne, délicatement graphiques, croisés lors de voyages ou bien rêvés. Les juxtapositions de formes géométriques abstraites et du dessin, ainsi que les jeux de tension qui en découlent, définissent les modalités de son travail. Le point de départ est constitué de croquis, de fragments de cartes et de photographies faites in-situ. Elle s’engage alors dans un travail pictural qui questionne son rapport aux paysages traversés. La disparition des glaciers, l’érosion des pentes, les éboulements rocheux ou encore les remontées mécaniques abandonnées : ce paysage inquiétant et en perpétuelle transformation l’intéresse particulièrement.

Flora Nguyen

Paysages mentaux

Sérigraphie, transfert photographique et peinture

Artiste française d’origine vietnamienne, Flora Nguyen s’interroge sur la mémoire, sur l’histoire coloniale et sur les représentations assignées aux femmes asiatiques. À travers la photographie vernaculaire, qu’elle déchire, triture, reconstitue, transfère, transforme, encre ou peint, elle fouille les strates de la mémoire. Pourquoi et comment cela s’est-il passé, dans quel contexte historique ?

La série exposée ici est une déambulation dans ses paysages mentaux, ceux d’un Vietnam qui n’existe plus, qui n’a peut-être jamais existé, où ses aïeules ressurgissent au détour d’un pont, au-dessus d’un étang de nénuphars ou assises sur des rochers. Lorsqu’elle retravaille et recompose des images (des photographies de famille, des archives officielles ou encore des cartes postales coloniales), elle s’engage dans une forme de réécriture. Son travail se situe à la frontière fragile entre vérité et imagination, entre archive et invention. Chemin faisant, elle mène aussi une réflexion sur le medium photographique et sur son incapacité à retranscrire toute la réalité.

Léa Rivera Hadjes

Alugraphie et pointe sèche

Léa Rivera Hadjes développe une pratique mêlant photographie, gravure, alugraphie, vidéo et sculpture métallique. Son travail s’ancre dans les paysages du Grand Paris, les zones de transit, les non-lieux et les fragments d’urbanité qu’elle traverse au quotidien. Elle photographie le paysage urbain qui l’entoure et ses habitants, s’attarde sur des bancs, barres de soutien, rampes ou fenêtres de trains, autant d’éléments discrets qui façonnent nos déplacements. Ces images, transformées, sont imprimées sur divers matériaux (plexiglass, bois, film plastique recyclé) et souvent intégrées à des structures en acier que Léa Rivera Hadjes conçoit comme des architectures ouvertes, inspirées du mobilier urbain.

Sa famille latino-méditerranéenne, ayant immigré en France, nourrit son travail d’inspirations pluriculturelles. Elle s’intéresse aux questions de déplacements et au sentiment d’appartenance à un espace. À travers des installations et dispositifs immersifs, elle interroge les traces que laissent en nous les lieux traversés et les déplacements contraints ou choisis.

Suo Yuan Wang

Eau-forte et dessin à l’aquarelle

L’artiste Suo Yuan Wang confronte traditions orientales et occidentales tout en cherchant à retrouver la minutie et la fantaisie de la joaillerie. Inspiré par la lumière, la nature et les éléments — l’eau, le feu, le bois, la terre et le métal — il cherche à établir une forme de dialogue avec la nature, à apprendre d’elle.

L’expérimentation autour de la ligne constitue l’un des axes principaux de son travail. La ligne y est une trace de l’histoire passée, de la pensée et du temps. La ligne se transforme en langage. Dans les estampes Blue Line – composition 1 et Green Line – composition 1, Suo Yuan Wang combine deux images différentes, chacune réalisée à partir d’une seule ligne. L’image se forme dans un mouvement d’aller-retour entre la conscience et l’inconscience, entre la manipulation et l’observation. Dans les œuvres de la série Melancholia se superposent l’empreinte d’une fleur et des cercles. L’empreinte de la fleur évoque la fragilité de la vie. Les cercles en pointillé suggèrent des cycles inachevés. L’œuvre est une méditation sur la condition humaine : comme la fleur, nous sommes des formes éphémères inscrites dans l’infinité.

Misha Zavalny

Anti-héros

Lithographie

Le travail de Misha Zavalny, artiste ukrainien vivant et travaillant à Paris, est à la fois poétique et politique. Son travail oscille entre observations spontanées au travers de photographies prises dans l’espace public et une pratique d’atelier (lithographie et gravure).

Lors de l’invasion russe de l’Ukraine, en 2022, il rejoint le vaste mouvement culturel et artistique qui se développe partout en Europe afin de combattre la révision historique et les discours impériaux du Kremlin. Il décide alors de créer des affiches de protestation avec le collectif de l’atelier impression des Beaux-Arts de Paris. C’est dans ce contexte de guerre et d’initiative collective que nait l’installation Anti-héros composée de 100 lithographies sur papier. Cette grande série d’estampes colorées, montre des visages, différents mais étrangement semblables, aux yeux bandés. Les couleurs expriment la diversité des peuples tandis que leur aveuglement témoigne de leur difficulté à s’entendre. L’impression, produite délibérément sur du papier de mauvaise qualité, rappelle aussi que les soulèvements sont souvent nés du dénuement. L’art est exorcisme chez Misha Zavalny qui cherche à restituer, plastiquement, un mouvement social.

Week-end d’ouverture | SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 OCTOBRE de 14h00 à 18h00

Capturer le trait, pointe sèche sur plexiglass

Atelier avec Lisa Sagnet | Samedi 10 octobre à 10h00

Lego Print

Atelier avec Caroline Regnier | Samedi 10 octobre à 14h00

Visites guidées

Avec Jaga Jankowska Cappigny | Samedi 10 et dimanche 11 octobre à 14h00

Focus sur l’oeuvre d’Ali Arkady

Échange avec Ali Arkady et Jaga Jankowska Cappigny | Samedi 10 octobre à 17h00

Tangram et composition de motifs

Samedi 10 octobre de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 et dimanche 11 octobre de 14h00 à 18h00

Création d’une œuvre à partir de tampons

Samedi 10 octobre de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 et dimanche 11 octobre de 14h00 à 18h00

Transfert polaroïd

Atelier avec Coline Jourdan, Atelier Maezad | Dimanche 11 octobre à 14h00

Focus sur l’oeuvre de Victoria Arney

Échange avec Victoria Arney et Jaga Jankowska Cappigny | Dimanche 11 octobre à 17h00

> Découvrir le programme détaillé du week-end d’ouverture


Déplacement(s) | SAMEDI 7 NOVEMBRE

Monotype par transfert

Atelier avec Jaga Jankowska Cappigny | à 10h00

Quel paysage vous habite ?

Atelier avec Karin Serres | à 10h00

Défi GeoGuessr

à 10h00, 11h00, 14h00, 15h00 ou 16h00

Écrire les lieux qui comptent pour nous

Atelier d’écriture avec Karin Serres | à 14h00

Visite guidée

Avec Jaga Jankowska Cappigny | à 16h00

Le geste et l’exil

Conférence d’Adélie Chevée | à 18h00

> Découvrir le programme du samedi 7 novembre

Inscriptions aux rendez-vous :

Ouverture des inscriptions aux rendez-vous le samedi 5 septembre 2026 à 10h00

Entrée libre et gratuite sur les horaires d’ouverture de l’Archipel :

Lundi de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00

Mardi de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00

Mercredi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00

Jeudi de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00

Vendredi de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00

Samedi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00

Fermée les dimanches (en dehors du week-end d’ouverture) et jours fériés.

Inscriptions aux rendez-vous :

Auprès de l’accueil-billetterie de l’Archipel, à partir du samedi 5 septembre 2026 à 10h00

Catalogue de l’exposition

Un catalogue est proposé à la vente (20 €) :

– à l’accueil de l’Archipel (paiement par carte, chèque ou espèces)

– par envoi postal (contactez l’accueil-billetterie au 02.98.51.20.24 pour procéder à l’achat et recevoir votre exemplaire à votre domicile)

Estampes en vente

Des estampes sont proposées à la vente par les artistes auprès de la boutique éphémère pendant le week-end d’ouverture (samedi 10 et dimanche 11 octobre).